Guide sur le tourisme dentaire et médical

Alors que le prix des avions s’est un peu démocratisé et que les systèmes de santé publics ont montré leurs limites, de nouvelles tendances se développent au sein de l’industrie touristique. Le tourisme médical, par exemple, est une façon de prendre un peu de bon temps à l’étranger tout en se faisant traiter pour un problème de santé.

Les raisons pour recourir à cette industrie lucrative sont multiples mais font également grincer les dents de certains acteurs du monde de la santé. Dans cet article, nous analyserons un peu plus en détail ce marché.

Comment expliquer le tourisme médical ?

Dans un monde utopique, le système de santé de chaque pays devrait être suffisamment performant pour que l’ensemble de sa population puisse recevoir des frais sans devoir franchir les frontières… voici toutefois quelques raisons qui expliquent que ce n’est pas le cas à l’heure actuelle:

  • Dans les pays les plus riches, les soins de santé privés atteignent un prix très élevé. Il apparaît tout à fait logique qu’une clinique de santé américaine facture 20 000$ pour une intervention donnée alors que la clinique cubaine ne demanderait que 5 000$, si les Américains sont 4 fois plus riches (les données sont factices). L’Américain économise donc de l’argent à visiter la clinique privée cubaine.
  • La couverture de santé d’un pays donné ne couvre pas toutes les interventions. Dans le monde de la chirurgie esthétique, par exemple, il est très difficile d’obtenir un remboursement de l’état.
  • Certaines interventions sont légales dans un pays donné mais pas dans un autre. Certaines personnes pourraient se servir du tourisme médical comme d’une façon pour se faire avorter, par exemple.
  • Le temps d’attente excessif de certains systèmes de santé peut encourager les patients à chercher d’autres alternatives que l’attente. Au Québec, par exemple, certaines opérations non-urgentes peuvent survenir plus d’un an après l’inscription sur la liste d’attente.

La spécialisation de certains pays

Certains pays investiront des sommes considérables pour rejoindre les touristes étrangers et les inviter à profiter des soins de santé locaux. Le Maghreb, l’Asie, l’Europe de l’Est, Cuba… la guerre fait rage entre les différents intervenants.

Les soins dentaires, par exemple, semblent devenir l’apanage de la Roumanie, de la Hongrie et de la République Tchèque. Selon Wikipédia, l’Amérique du Sud est un terreau très fertile en chirurgiens esthétiques. Enfin l’Inde et la Thaïlande seraient spécialisées en chirurgies cardiaques!

Y a-t-il des risques ?

Bien entendu, dans un domaine aussi sensible que la santé, il faut prendre en considération que des risques réels existent.

Le suivi post-opératoire sera fortement compliqué par la distance séparant la clinique et votre pays. Que se passera-t-il si des effets secondaires négatifs surgissent? Dans ces cas, il faudra consulter une clinique locale, ce qui peut engendrer des frais supplémentaires et rendre un recours contre le médecin étranger très difficile. Il n’est pas garanti que vous pourrez entamer des poursuites: il faudra d’abord s’informer des lois du pays et de la fiabilité de son appareil judiciaire.

Enfin, certains (rares) pays pourraient posséder des banques de sang non sécuritaires, c’est-à-dire que leurs produits sanguins pourraient avoir été contaminés par le paludisme ou une autre maladie. Les procédures ne sont pas toutes aussi rigoureuses qu’en Occident.